Blanchiment de Capitaux et Financement du Terrorisme /Des Menaces sur la Stabilité Economique



Le Ministre de l’Economie et des Finances Monsieur Sani YAYA était le 18 novembre dernier à Abuja (Nigéria), où il a participé à la rencontre bi-annuelle du GIABA.
Il s’agit de la 18 ème réunion du comité ministériel du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest, le GIAGA, une structure mise en place et qui dépend de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (cedeao) avec comme objectif,  lutter efficacement contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ,faisant d’ailleurs l’objet du thème central.

A Abuja , il en ressort que  pour être plus efficaces, les Etats membres de la Cédéao doivent mener leur action sur trois fronts : «Intensifier la lutte contre la corruption et la fraude fiscale à grande échelle, encourager la mise en place de moyens plus performants pour combattre le financement du terrorisme et réfléchir aux moyens de contrer la fraude qui se développe en profitant des nouvelles technologies ».

Des pistes réelles de solutions soutenues par  le Ministre Sani YAYA, qui estime pour sa part devant le parterre d’invités présents à la rencontre  qu’il y a mieux à gagner si l’on utilise plutôt les ressources à des fins plus utiles  ‘La fuite des capitaux et les flux financiers illicites (FFI) qui font partie du fléau du blanchiment des capitaux présentent des opportunités manquées pour générer des revenus dont nos Etats ont tant besoin pour financer des secteurs clés de l’économie de l’Afrique de l’Ouest, lutter contre la pauvreté et investir dans la protection sociale’, Il invite d’ailleurs  les états, à une coopération internationale et sous-régionale plus accrue.

Selon certaines estimations, les Flux Financiers Illicites (FFI)   en provenance d'Afrique s’élèveraient à plusieurs dizaines de milliards par an. D'autres études estiment que ces pertes représentent environ le double de l'aide publique au développement (APD) que l'Afrique reçoit et, bien entendu, ces estimations sont bien loin de la réalité vu que des données précises n’existent ni pour toutes les transactions ni pour tous les pays africains.

Les mesures engagées dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme visent à prévenir l’utilisation abusive du système financier. Leurs modalités consistent principalement à détecter et communiquer les flux financiers suspects, à en confisquer le produit et à sanctionner les coupables, a rappelé le ministre.
Certes, la coopération s’est développée entre Etats et via le GAFI (Groupe d’action financière), mais il reste du chemin à parcourir pour veiller à ce que les systèmes financiers accompagnent la croissance économique sans s’exposer à une utilisation abusive, a indiqué Sani Yaya.

M. Yaya a également mis en garde contre le fait que les grandes banques internationales pourraient être tentées de réduire leurs activités de correspondants bancaires avec des établissements locaux fragiles afin de limiter le risque de contrevenir aux règles relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux.

Une situation qui pourrait compromettre les échanges économiques dans un certain nombre de pays africains. La plénière du GIABA est une assemblée d’experts composée de représentants des États membres, de partenaires au développement et d’observateurs de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

La mission du GIABA vise à aider nos pays membres à développer les capacités de dissuader, suivre, arrêter et récupérer les sorties de fonds qui quittent  le continent de manière illicite chaque année en même temps qu'à lutter contre le terrorisme en le privant de ses sources