
Le Ministre des Finances Essowè Georges BARCOLA a répondu aux préoccupations du patronat lors de la session technique du 6 juillet à Lomé

Le Comité de concertation État-Secteur privé (CCESP) a tenu ce lundi à Lomé une nouvelle session de son Comité technique de concertation. Les travaux ont porté sur l’état d’avancement des réformes, les préoccupations des entreprises et deux communications techniques sur la conjoncture et l’environnement.

Le secteur privé salue la vision et pose 4 priorités.
Prenant la parole au nom du secteur privé, M. Laurent Coami TAMEGNON, Président du Conseil National du Patronat du Togo (CNP), a rappelé l’adhésion du patronat à la vision « Protéger, Rassembler, Transformer » exprimée par le Président du Conseil le 2 décembre dernier.
Il a salué les avancées enregistrées dans le cadre du dialogue public-privé, notamment la mise en place des comités de concertation régionaux, la prise en compte de propositions en matière fiscale et les efforts pour maintenir un climat propice à l’investissement.

Le président du CNP a toutefois soumis 4 préoccupations majeures à l’attention du Gouvernement :
1. La mise en place effective des commissions de recours ;
2. L’accélération du règlement de la dette intérieure ;
3. Le règlement de la question relative aux taxes sur les entreprises de télécommunications et de l’internet et de la communication électronique (TETIC) ;
4. L’augmentation des prix de location des terrains dans la zone portuaire, une situation qui « suscite de vives inquiétudes au sein des entreprises concernées ».

M. Laurent Coami TAMEGNON a également rendu hommage à M. Jonas DAOU, ancien président de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET), pour sa contribution au dialogue, et souhaité la bienvenue à M. Charles GAFFAN, son successeur. Le président du patronat a souhaité la bienvenue à monsieur Charles GAFFAN, nouveau président de l’AGET. Le patronat lui réaffirme son plein soutien et sa confiance pour poursuivre le dialogue avec l’État et défendre les intérêts des grandes entreprises dans le cadre du CCESP. Le CNP compte sur son expérience et son engagement pour porter encore plus haut la voix du secteur privé et renforcer les acquis du dialogue public-privé.

Le Gouvernement réaffirme le rôle central du secteur privé
Dans son allocution, le ministre Essowè Georges BARCOLA a cité le Président du Conseil : « Notre collaboration avec le secteur privé n’est pas seulement un choix stratégique, c’est une nécessité impérieuse ». Cette dynamique s’inscrit dans la vision prônée par le Président du conseil, Faure Essozimna GNASSINGBE à travers l’Africa Financial Idustry Summit-AFIS organisée à Lomé.

Le ministre a remercié les entreprises pour : »les emplois créés, les investissements réalisés, les risques pris » et a souligné que la croissance ambitieuse, durable et inclusive du Togo passe par le secteur privé.
Le ministre a également salué le succès des 3e et 4e revues du programme de facilité élargie de crédit (FEC) avec le FMI et la confirmation des perspectives favorables par les agences de notation, résultats qu’il attribue en partie à « la contribution déterminante du secteur privé ».

Du tact au tact, Le Ministre BARCOLA apporte des réponses concrètes
En réponse, aux priorités du secteur privé, M. Essowè Georges BARCOLA, Ministre des Finances et du Budget, a tenu à apporter des clarifications immédiates.
- Sur les commissions de recours : « Ce sont des organes qui permettent de régler les litiges en toute impartialité. C’est ce matin seulement que j’ai reçu la dernière proposition de noms. Maintenant que j’ai reçu tous les noms, ces commissions de recours seront mises en place. »

- Sur la dette intérieure : « Elle constitue un frein pour le développement de vos entreprises. Nous avons commencé un travail d’apurement et je vous rassure que ces efforts seront poursuivis pour que cette question soit drainée d’ici la fin de l’année. »
- Sur les TETIC : « La question a été résolue. Le Togo est en avance sur la question des TETIC dans la région. Ce que l’État togolais a concédé à ces entreprises est au-delà de ce qui se fait ailleurs. »
- Sur les loyers au Port Autonome de Lomé : « Honnêtement, je ne connaissais pas le problème du port. Je vais me renseigner pour bien comprendre avant de pouvoir répondre. »

Deux communications techniques au cœur des échanges
La session a été marquée par deux communications :
1. Note de conjoncture économique présentée par M. TCHAMDJA, Directeur Général de la DGAE. Le DG de la Direction Générale des Affaires Économiques a présenté les tendances récentes de l’économie nationale. Il a souligné la résilience du Togo dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et a mis en avant les indicateurs qui ont conduit au reclassement du pays dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire. Concernant l’environnement économique international, Il a salué la résilience remarquable observée malgré les tensions commerciales et géopolitiques. Il a évoqué une croissance économique mondiale qui s’est établie à 3,4% en 2025 comme en 2024, et qui s’est projetée à 3,1% en 2026 et 3,2%, en 2027. L’on notera dans son exposé qu’en Afrique subsaharienne, l’activité économique a progressé et que l’économie togolaise reste résiliente et dynamique.

2. « Évaluation environnementale et enjeux climatiques : contraintes, opportunités et défis » présentée par le représentant du Directeur Général de l’ANGE monsieur Souleymane Abdel-Ganiou, directeur des évaluations et de l’intégration environnementale. Dans sa présentation, il a insisté sur la nécessité d’intégrer les enjeux climatiques dans les politiques économiques. Il a présenté les contraintes auxquelles font face les entreprises, mais aussi les opportunités liées aux financements verts et à une compétitivité durable.

Au terme de cette session, le Comité de concertation État-Secteur privé (CCESP), réaffirme sa vocation de cadre privilégié de dialogue entre l’État et le secteur privé. Entre les réponses apportées par le Gouvernement et les interpellations du patronat, les bases d’une collaboration renforcée sont consolidées. L’enjeu désormais est clair : transformer les engagements pris ce 6 juillet en actions concrètes pour une économie togolaise plus compétitive, résiliente et inclusive.