Les défis du financement climatique en Afrique / vers des politiques fiscales vertes

Les défis du financement climatique en Afrique / vers des politiques fiscales vertes

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Renforcer les capacités pour une transition écologique

C’est pour une bonne cause que la Fondation pour le Renforcement des Capacités en Afrique (ACBF) pose sa valise à Lomé en terre togolaise pour un atelier régional de cinq (05) jours sur la politique fiscale sensible au climat.

En effet, les pays africains sont confrontés à un défi majeur : accélérer leur croissance économique tout en faisant face aux impacts croissants du changement climatique. La dette publique a explosé de 230% entre 2010 et 2022, détournant des ressources essentielles pour la fourniture de services sociaux et le financement de l’atténuation du changement climatique.

Pour relever ce défi, les gouvernements africains doivent adopter des politiques fiscales sensibles au climat, qui utilisent la fiscalité comme un outil pour encourager les pratiques respectueuses de l’environnement et mobiliser les ressources nationales pour des investissements verts.
La Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF) et la Banque africaine de développement (BAD) ont lancé le projet CADAST pour renforcer les capacités des gouvernements africains à adopter des politiques macroéconomiques vertes.

Un atelier de formation interactif de cinq jours se tient à Lomé, au Togo, du 9 au 13 février 2026, pour renforcer les capacités des cadres supérieurs des ministères des Finances et des administrations fiscales de sept pays africains, avec comme objectifs :

  • d’améliorer la connaissance sur les politiques fiscales sensibles au climat,
  • de partager les meilleures pratiques en matière de conception, de mise en œuvre et de suivi des politiques fiscales sensibles au climat,
  • d’améliorer la capacité des participants à utiliser des outils pratiques pour élaborer et gérer des politiques fiscales sensibles au climat.

Elle a mis en avant les efforts du Togo pour intégrer les enjeux climatiques dans sa politique fiscale et a appelé à une coopération régionale accrue en matière de fiscalité climatique. ‘’’’L’objectif principal de cet atelier est de renforcer la capacité des participants à concevoir, mettre en œuvre et suivre des politiques fiscales sensibles au climat qui mobilisent les ressources nationales tout en promouvant la durabilité environnementale. Pour le Togo, cette réflexion s’inscrit pleinement dans les priorités nationales.

Sous la haute impulsion de Son Excellence, Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président du Conseil, notre pays s’est engagé dans des réformes visant à :

  • renforcer la mobilisation des ressources nationales,
  • améliorer l’efficacité et l’équité du système fiscal, et
  •  aligner les politiques publiques sur les objectifs de développement durable et de résilience climatique.

Nous sommes convaincus que la fiscalité peut jouer un rôle clé, notamment à travers :

  • l’intégration de critères climatiques dans la fiscalité sectorielle,
  • l’adaptation des incitations fiscales en faveur des investissements verts et
  • une meilleure articulation entre fiscalité, budget et politiques climatiques’’’’’’.

Tout en relevant que les changements climatiques ne constituent plus une menace potentielle ou lointaine; qu’ils sont désormais une réalité économique et budgétaire majeure pour nos pays, madame le directeur de cabinet a par des exemples précis fait connaitre l’impact sur nos économies :’’’’’ En Afrique, les effets des changements climatiques affectent directement les secteurs vitaux de nos économies et imposent aux États des efforts financiers croissants pour protéger les populations, préserver les moyens de subsistance et renforcer leur résilience face à :

  • la baisse des productivités agricoles,
  • la pression accrue sur les ressources naturelles,
  • la multiplication des chocs climatiques extrêmes, et
  •  la vulnérabilité accrue des plus fragiles.

Dans ces conditions, la politique fiscale se révèle être, plus que par le passé, un outil stratégique. Elle devient un levier de la transition climatique, capable à la fois de mobiliser des ressources durables, d’orienter les comportements économiques et de soutenir des investissements résilients et sobres en carbone. C’est tout le sens de la fiscalité sensible au climat : un outil qui intègre les risques climatiques, encourage les pratiques vertueuses, corrige les externalités environnementales et contribue à la justice sociale’’’’’’.

Le représentant de monsieur le ministre des finances et du budget monsieur Essowe Georges BARCOLA en appelle à la responsabilité des participants afin que des résultats probants sortent de cette rencontre stratégique : ””” Cet atelier régional de formation constitue une plateforme précieuse de partage d’expériences, de bonnes pratiques et d’innovations fiscales. Il vous offre l’opportunité de réfléchir ensemble aux instruments fiscaux les plus adaptés à nos réalités économiques, sociales et environnementales, tout en tenant compte des impératifs de compétitivité et d’inclusion.

Les taxes vertes peuvent catalyser la transformation structurelle en encourageant une production plus propre, en réduisant les émissions et en dégageant des marges budgétaires pour les programmes d’adaptation au changement climatique. je tiens à réaffirmer l’engagement du Gouvernement togolais à accompagner toute initiative visant à bâtir un système fiscal plus résilient, plus équitable et plus respectueux de l’environnement’’’’’’.

Monsieur Peguewinde Rodolphe BANCE, Chef de l’Unité Gouvernance Economique et Sociale de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF) représentant le secrétaire exécutif de l’ACBF, a souligné que l’Afrique est l’une des régions les plus vulnérables aux effets du changement climatique, malgré sa faible contribution aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Il a également mis en avant les défis de mobilisation des ressources intérieures en Afrique, avec un ratio moyen recettes fiscales/PIB de 15%, en deçà du seuil de 20% jugé nécessaire pour financer les politiques publiques et les investissements structurants.

L’ACBF a lancé le programme BETA, (Bâtir l’excellence en matière de fiscalité et d’administration), pour renforcer les capacités des administrations fiscales et des décideurs publics africains, et cet atelier est un pilier additionnel de cette offre de formation. L’ACBF remercie le gouvernement du Togo, la Banque Africaine de Développement et les partenaires pour leur soutien.

Présent à cet atelier régional sur la politique fiscale sensible au climat, monsieur le secrétaire exécutif du Forum des Administrations fiscales ouest africaines (FAFOA), a exprimé sa gratitude pour l’opportunité de participer à l’atelier régional sur la politique fiscale sensible au climat. Il a souligné l’importance de la mobilisation des recettes fiscales intérieures pour les administrations fiscales et douanières d’Afrique de l’Ouest.

Il a annoncé que la Banque africaine de développement a accepté de financer un projet de renforcement des capacités dans le domaine de la gestion de la TVA et des exonérations fiscales. Il a pour finir, mis en avant l’importance de la fiscalité pour relever les défis du changement climatique et a appelé à une coopération accrue entre les administrations fiscales et douanières d’Afrique de l’Ouest.