
Investissement, transformation locale, réforme de l’ONU / la feuille de route du Président du Conseil pour l’Afrique

Invité au 26è sommet élargi de l’Organisation de coopération de Shanghai, l’OCS+, le Président du Conseil, Faure Essozimna GNASSINGBE, a présenté ce lundi la vision du Togo et de l’Afrique pour la gouvernance mondiale. Face aux dirigeants de la Chine, de la Russie, de l’Inde et de plusieurs chefs d’État, il a plaidé pour un ordre international fondé sur le choix, la justice et la responsabilité.

1. La multipolarité : une opportunité à encadrer
En ouverture de son intervention, le Président du Conseil a dressé le constat d’une « profonde recomposition des équilibres internationaux ». « Le monde change, de nouveaux centres de puissance émergent, de nouveaux équilibres économiques se dessinent, de nouvelles voix veulent être entendues », a-t-il souligné. Pour Faure Gnassingbé, cette évolution est une chance pour l’Afrique : elle permet de diversifier les partenariats, de réduire certaines dépendances et de faire des choix souverains.

Toutefois, il a appelé à la lucidité. « Davantage de pôles de puissance ne signifie pas automatiquement davantage de justice. La multipolarité peut aussi produire plus de rivalités, de fragmentation et de rapports de force ».
Sa conclusion : la multipolarité doit offrir « davantage de choix et non créer de nouvelles divisions ».

2. Réformer le multilatéralisme et l’ONU
Le deuxième temps fort du discours a porté sur la nécessité d’adapter le multilatéralisme à ce nouveau monde. Si la multipolarité donne des options, a expliqué le dirigeant togolais, le multilatéralisme doit garantir des règles communes, stables et équitables pour tous. Se prononçant sur l’avenir des Nations Unies, il a été direct : « Les Nations Unies restent indispensables, mais elles doivent profondément évoluer dans un monde plus multipolaire. Nous avons besoin davantage de multilatéralisme et non de moins ».

Il a dénoncé la paralysie de l’institution lorsque les grandes puissances s’opposent et l’application « à géométrie variable » des règles qui en affaiblit la légitimité. La réforme passe, selon lui, par la représentation. « Lorsque l’Afrique reste insuffisamment représentée, nous ne pouvons pas parler d’un ordre mondial pleinement juste ». Il a donc invité à transformer l’ONU « y compris dans la composition de ses organes de direction » et à mieux l’articuler avec l’Union africaine, l’OCS et les organisations régionales.

3. La justice économique au cœur du nouvel ordre
Enfin, le Président du Conseil a recentré le débat sur l’économie. Pour lui, la justice internationale ne se décrète pas uniquement dans les enceintes politiques. Elle se mesure à la capacité des pays du Sud à « financer leur développement, transformer leurs ressources et créer davantage de valeur chez eux ». Sa feuille de route est claire : réformer les mécanismes économiques et financiers mondiaux, et bâtir des partenariats tournés vers l’investissement productif, les infrastructures, la transformation locale et le transfert de technologies.

Des partenariats à nouer « avec l’Asie, avec l’Europe, avec les Amériques et entre pays africains, pour l’Afrique ». « Un ordre mondial plus juste doit donner au Sud une véritable capacité de choix », a conclu Faure Gnassingbé, réaffirmant l’ambition de voir l’Afrique devenir « un acteur à part entière de la recomposition de l’ordre mondial ». À noter que : Le sommet OCS+ de Bichkek a réuni Xi Jinping, Vladimir Poutine, Narendra Modi, ainsi que les Présidents de l’Iran, du Kazakhstan, du Pakistan, de la Turquie, de l’Égypte et de nombreux autres pays partenaires et invités.



