
On peut en déduire un renforcement du système financier et monétaire de l’UMOA

Les textes portant règlementation de la Microfinance et Répression du Faux Monnayage au Togo ont été présenté ce matin devant l’auguste assemblée nationale et représentent deux textes d’importance majeure pour le Togo et l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Ces deux textes viennent s’ajouter à la loi sur le blanchiment des capitaux adoptée en février 2026. Elles visent à mettre en conformité les textes existants aux normes internationales, moderniser les cadres juridiques, renforcer la gouvernance et protéger les populations.

Concernant la microfinance, elle est un vecteur puissant d’inclusion financière, permettant à des millions de Togolais d’accéder aux services financiers de base. Plus de 4,6 millions de personnes bénéficient déjà de ces services. Cependant, le développement rapide de la microfinance a révélé des insuffisances. La nouvelle loi impose donc des règles strictes de gouvernance et de supervision aux institutions de microfinance.””” Elle introduit surtout des obligations renforcées en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Désormais, aucune institution ne pourra fonctionner sans mettre en place des dispositifs de contrôle interne, sans adhérer aux centrales d’information sur le crédit et sans collaborer avec les autorités compétentes pour détecter et prévenir les flux financiers illicites.

Ainsi, la microfinance ne sera pas seulement un outil d’inclusion, mais aussi un instrument de protection de notre économie contre les dérives criminelles et les menaces transfrontalières. J’ai retenu deux de vos préoccupations et je voudrais vous rassurer sur ces deux préoccupations. Vous vous êtes interrogé sur le sort des déposants en cas de liquidation de la microfinance. Sur cette question, je vous avais indiqué tout à l’heure que c’est vrai, l’État ne peut pas venir au secours de tous les déposants.

C’est pour ça que la nouvelle loi a prévu un dispositif en demandant aux microfinances d’adhérer à un fonds de garantie pour qu’en cas de liquidation, ce fonds de garantie puisse venir au secours, même si le remboursement ne peut pas être intégral, mais au moins pour soutenir le choc””, a indiqué le ministre des finances et du budget Essowè Georges BARCOLA.

Quant à la loi portant répression du faux monnayage et des autres atteintes aux signes monétaires dans les États membres de l’UMOA elle vise à renforcer la sécurité monétaire et à lutter contre les activités illicites. Elle prévoit des sanctions sévères pour les auteurs de faux monnayage et de contrefaçon de billets. Ces deux textes de lois sont complémentaires et visent à bâtir un système financier et monétaire inclusif, sécurisé et intègre.

Elles s’inscrivent dans une dynamique de gouvernance économique responsable et transparente.”” L’adoption de ces trois lois offre un bel exemple de collaboration entre le gouvernement et l’Assemblée nationale dans la construction d’un édifice financier et monétaire moderne, transparent, au profit de la communauté financière ainsi qu’au profit de nos vaillantes populations, grands bénéficiaires de ces réformes. Au nom du gouvernement, je vous exprime ma profonde gratitude pour votre engagement et votre soutien. Ensemble, faisons de la microfinance et de la régulation monétaire des leviers puissants de transformation économique et sociale””, souligne le ministre BARCOLA à l’occasion de son mot de remerciement.

Selon le Président de l’Assemblée nationale le professeur Komi Selom KLASSOU, le législatif a opéré un choix cohérent : ”” Monsieur le ministre, chers collègues députés, les deux textes de loi adoptés en première lecture traduisent une vision cohérente et ambitieuse de notre action législative. Nous venons non seulement de renforcer les bases de notre économie, mais également de poser des jalons décisifs pour mieux protéger les droits économiques de nos concitoyens et garantir un environnement propice à l’épanouissement des initiatives entrepreneuriales.

Je voudrais à cet instant saluer le travail approfondi de la Commission des finances et du développement économique. Il a été saisi pour l’étude au fond et également saluer tous les collègues pour le débat en plénière, le débat qui a marqué l’examen des deux textes. Je tiens à saluer également M. le ministre et ses collaborateurs et à travers le gouvernement dont la présence significative et active a apporté un éclairage et a considérablement enrichi nos échanges et réflexions tout au long de ce débat””.

Ces lois sont un pas important vers la construction d’un système financier et monétaire moderne et résilient, capable de soutenir la croissance économique et le développement durable. Conformément au principe du bicaméralisme, les textes vont atterrir au sénat pour une seconde lecture après l’adoption à l’unanimité ce 10 mars 2026.