
Maires, présidents de régions, receveurs et contrôleurs financiers délégués formés aux exigences et normes UEMOA

Dans le sillage des élections régionales et communales de 2025, le Togo parachève sa décentralisation et installe des exécutifs locaux dotés de la personnalité morale et de l’autonomie financière.
Pour garantir une gestion rigoureuse de ces collectivités, la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) organise une formation intensive en deux étapes : du 08 au 13 juin 2026 à Kara, puis du 22 au 26 juin 2026 à Kpalimé.
L’étape de Kara a débuté ce lundi 08 juin au Palais des Congrès, en présence du Directeur Général Adjoint du Trésor et du représentant du gouverneur de la région.
“”Vous êtes les artisans de la transformation de nos territoires “”

C’est au nom du ministre Essowè Georges BARCOLA que M. Appolinaire Elanyo EMEGNIMO, Directeur Général Adjoint du Trésor et de la Comptabilité Publique, a lancé les travaux. Face aux 168 élus et agents financiers locaux, il a rappelé le cadre politique de la session.
« Sous la haute impulsion de Son Excellence, Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président du Conseil, le vaste programme de modernisation de l’administration publique et le rapprochement des services de l’État des populations se poursuit », a-t-il souligné.
Pour le représentant du ministre, la décentralisation est “” un levier de transformation structurelle de la gouvernance locale et un pilier fondamental du développement inclusif et équilibré””. Les collectivités deviennent “”l’échelon privilégié d’identification des besoins des populations, de planification des actions prioritaires et de mise en œuvre des politiques publiques au plus près des citoyens”.

Des exigences élevées face aux attentes des populations
M. EMEGNIMO a insisté sur “” des exigences élevées en matière de compétences, de rigueur, de transparence et de redevabilité””. Les défis : infrastructures, services sociaux de base, assainissement, qualité de la gouvernance locale.
«La qualité de la gestion financière des collectivités territoriales apparaît comme un déterminant essentiel de la réussite de la décentralisation », a-t-il martelé. Quatre priorités : mobilisation des ressources locales, transparence budgétaire, efficacité de la dépense publique locale et reddition des comptes.
Un appel à l’action concrète
« Votre engagement, votre intégrité, votre sens du devoir et votre attachement à l’intérêt général sont de véritables moteurs du développement local. C’est ainsi que vous serez reconnus comme des artisans de la transformation de nos territoires aux côtés des plus hautes autorités de ce pays », a lancé le DGA du Trésor aux participants.
Objectif : faire de l’atelier “”un cadre d’échange sincère et constructif, un espace de partage d’expériences et un lieu de naissance d’idées innovantes””, pour “” transformer les acquis en actions concrètes sur le terrain””.

La région de la Kara salue « un moment opportun » pour la gouvernance locale
Le Général de Brigade Adjitowou Komlan, gouverneur de la région de la Kara, retenu par des contraintes d’agenda, a été représenté à l’ouverture des travaux. Son porte-parole a livré un message de bienvenue et de soutien appuyé à la formation.
“”C’est avec un réel plaisir et un grand honneur que je prends la parole au nom du gouverneur de la région de la KARA pour vous souhaiter la très chaleureuse bienvenue à cet atelier””, a déclaré monsieur GNIGBANGOU Gountibote secrétaire général (SG) du Gouvernorat de la région de la kara représentant du gouverneur avant de rendre “”un vibrant hommage au Président du Conseil, chef suprême des armées, Son Excellence M. Faure Essozimna GNASSINGBE, dont la vision éclairée et l’engagement constant en faveur de la décentralisation et du développement local a permis à notre pays de franchir des étapes importantes “”.

Pour la région, “”l’engagement soutenu de nos deux ministres en faveur du renforcement de la gouvernance locale et de la bonne gestion des ressources publiques constitue un précieux soutien au processus de la décentralisation””. Monsieur GNIGBANGOU Gountibote secrétaire général (SG) du Gouvernorat de la région de la kara, représentant du gouverneur a salué “”la volonté du ministère d’accompagner durablement les collectivités territoriales dans l’amélioration de leurs capacités en matière de gestion financière”””.
Rappelant que “”la décentralisation, socle de la gouvernance territoriale moderne, répond à une exigence majeure qui est de rapprocher l’administration des citoyens””, il a souligné que sa réussite repose “”de manière déterminante sur la capacité des collectivités territoriales à assurer une gestion rigoureuse, transparente et efficiente de leurs ressources”.
“”Le présent atelier revêt à cet égard une importance particulière car intervenant à un moment opportun pour offrir aux acteurs de la gouvernance locale un cadre privilégié d’apprentissage, de partage d’expérience et de renforcement de capacité “”, a-t-il insisté. “”La région de la Kara est heureuse et fière de servir de cadre à vos travaux et vous ouvre ses portes avec fierté et hospitalité “”.

168 acteurs formés aux standards UEMOA
Destinée à 168 élus et agents financiers locaux, la formation porte sur l’application du décret 2020-004/PR du 05 mars 2020, transposition de la directive UEMOA 01/2011/CM. Cinq experts de la DGTCP animent les modules : séparation des ordonnateurs et comptables publics, procédures budgétaires, relations entre acteurs, gestion de fait et fautes de gestion.
L’approche est participative, pour corriger les lacunes constatées, maîtriser le contrôle mutuel et sécuriser l’exécution des dépenses dès l’entame des mandats.
La rigueur budgétaire, nouveau marqueur de la légitimité locale. Avec Kara puis Kpalimé du 22 au 26 juin, la DGTCP pose un acte politique fort : faire de la maîtrise des normes UEMOA le point de départ obligatoire des nouveaux exécutifs. L’atelier ne forme pas seulement des techniciens. Il façonne des gestionnaires responsables, conscients que l’autonomie financière se mérite et se prouve.
Le message croisé du ministère des Finances et des autorités régionales est clair : la décentralisation togolaise entre dans l’âge de la performance. Transparence budgétaire, mobilisation optimale des ressources, reddition des comptes : ces exigences ne sont plus des options. Elles conditionnent la crédibilité des collectivités et la confiance des citoyens.