
Lomé, capitale du ciel africain pour 4 jours

Du 16 au 19 juin, 500 décideurs planchent sur le SAATM pour rendre le transport aérien moins cher, plus connecté et moteur d’intégration

MUTAA à Lomé/Faure Essozimna GNASSINGBE, Paul KAGAME et Olusegun OBASANJO ouvrent un forum important pour l’avenir du continent. Depuis le matin du 15 Juin 2026 dans la capitale togolaise, le gotha des personnalités africaines débat des défis du continent sous le patronage du Président du Conseil togolais.
La première Convention et Exposition Africaines du transport aérien s’est ouverte dans la capitale togolaise. Organisée par la Commission Africaine de l’Aviation Civile CAFAC, avec l’Union Africaine, la ZLECAf et l’AUDA-NEPAD, elle réunit plus de 500 décideurs venus d’Afrique et du reste du monde jusqu’au 19 juin.

Au cœur des débats : le SAATM.
SAATM signifie Single African Air Transport Market, ou Marché unique du transport aérien africain. Lancé par l’Union Africaine en 2018, c’est l’accord qui vise à libéraliser le ciel du continent. Concrètement, il s’agit de lever les barrières bilatérales pour que les compagnies africaines volent plus librement entre les pays signataires.

Trois ambitions, un seul objectif : connecter l’Afrique.
- Ouvrir les cieux : Donner plus de droits de trafic aux compagnies pour multiplier les liaisons intra-africaines.
- Baisser les coûts : Plus de vols et plus de concurrence devraient faire chuter le prix des billets et du fret aérien.
- Accélérer l’intégration : Rendre le transport aérien compatible avec la ZLECAf. Aujourd’hui, il est encore souvent plus simple d’aller en Europe que de Lomé à Abidjan ou Dakar. Le SAATM veut inverser cette logique.

Encadré : SAATM vs Ciel fermé – Ce que ça change pour le passager togolais.
Aujourd’hui, voler en Afrique de l’Ouest coûte cher et prend du temps. Le SAATM veut inverser cette tendance.

A l’ouverture de la première Convention et exposition africaines du transport aérien à Lomé le lundi 15 juin 2026, le Président du Conseil de la République Togolaise, Faure Gnassingbé, a appelé à une accélération concrète de l’intégration aérienne du continent afin de faire du transport aérien un puissant levier de transformation économique.
« L’Afrique doit mieux se relier à elle-même pour mieux se transformer », a déclaré le dirigeant togolais devant les acteurs du secteur aérien, les décideurs publics et les partenaires institutionnels réunis dans la capitale togolaise.

Faire de l’intégration une réalité
Pour Faure Gnassingbé, l’intégration régionale n’est plus un choix mais une nécessité. Aucun pays africain, pris individuellement, ne dispose de la taille économique suffisante pour relever seul les défis de la transformation structurelle. Cependant, l’intégration ne peut être considérée comme réussie que lorsqu’elle produit des résultats tangibles pour les populations et les entreprises. Le Président du Conseil a ainsi souligné le paradoxe persistant du continent : il demeure souvent plus facile de voyager vers certaines destinations hors d’Afrique que de relier deux capitales africaines entre elles. Une situation qui traduit, selon lui, la fragmentation de l’espace économique africain.

Face à ce constat, il a appelé à une mise en œuvre plus opérationnelle du Marché unique du transport aérien africain (MUTA), à travers l’ouverture effective des routes aériennes, une meilleure utilisation des droits de trafic et le développement de corridors stratégiques.
Plus loin, Faure Gnassingbé a t-il notamment établi un lien direct entre le développement du transport aérien et la réussite de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Selon lui, la réduction des barrières douanières ne suffira pas à elle seule à dynamiser le commerce intra-africain.
Le succès de la ZLECAf dépendra également de la capacité du continent à développer des corridors de transport performants, des plateformes logistiques modernes et des procédures efficaces facilitant la circulation des marchandises.

Construire un écosystème aérien africain solide
Le quatrième axe développé par le Président du Conseil concerne le renforcement de l’écosystème aéronautique africain.
Il a souligné la nécessité de disposer d’aéroports modernes, de compagnies aériennes robustes, de capacités de maintenance viables, de services d’assistance performants, ainsi que de systèmes numériques fiables et de cadres réglementaires clairs.

L’aviation doit également devenir un secteur créateur de valeur et d’emplois qualifiés. Pour Faure Gnassingbé, la souveraineté aéronautique africaine ne se construira pas uniquement à travers les infrastructures, mais également grâce au développement des compétences et des ressources humaines.
La formation des jeunes, l’anticipation des besoins futurs et la préparation rigoureuse des projets apparaissent ainsi comme des conditions essentielles pour bâtir une industrie aérienne compétitive.

SAATM = plus de compagnies autorisées, plus de liaisons directes, plus de concurrence, billets moins chers, trajets plus courts, fret plus fluide.
Pour un Togolais, un étudiant, un commerçant ou une PME, c’est la différence entre renoncer à un voyage et pouvoir se déplacer pour affaires, études ou famille sans se ruiner.

Lomé au cœur de la vision africaine
À travers ce plaidoyer structuré autour de quatre grandes priorités que sont, intégration opérationnelle, accessibilité, développement économique et renforcement des capacités. Faure Gnassingbé a porté un message politique fort, celui d’une Afrique qui mise sur sa connectivité interne pour accélérer sa transformation.
Pour le Président du Conseil, l’enjeu dépasse largement le seul secteur aérien. Il s’agit de faire de la connectivité un instrument de compétitivité continentale et de construire une Afrique davantage intégrée, capable de tirer pleinement parti de son potentiel économique et humain.
