
Pour la représentante du ministre des Finances, baisser le coût du transport aérien est un investissement, pas une perte de recettes

Au cœur du Panel 03 sur l’accessibilité financière, Mme Akou Mawusse Adétou Afidenyigba, représentante du ministre des Finances et du Budget, a porté la voix du Togo. Elle a d’abord salué les participants et rendu hommage au Président du Conseil, M. Faure Essozimna Gnassingbé, “Faure Gnassingbé, Champion du MUTAA”.
Avant d’attaquer le vrai sujet : le prix du billet en Afrique.
« Voyager entre deux villes africaines, est plus cher que voyager entre l’Afrique et l’Europe, ou même de l’Afrique au Moyen-Orient. Donc, les taxes, et surtout les redevances ainsi que les charges aéroportuaires, d’après un certain nombre d’étude, représentent une part importante du prix final des billets.

Alors, à la question de savoir comment les gouvernements africains et le ministère des Finances peuvent-ils constituer la génération des recettes à court terme, avec un avantage économique à long terme, nous répondons que l’enjeu n’est pas d’opposer les recettes publiques à la baisse des coûts. L’enjeu, c’est de chercher un meilleur équilibre. Pour les ministres des Finances, les taxes et les redevances représentent évidemment des ressources pour les États et pour les opérateurs du secteur. Mais il faut aussi regarder l’effet global sur l’économie.

Une fiscalité trop lourde peut réduire la demande, limiter le trafic, affaiblir les compagnies, freiner l’investissement et, au finish réduire les gains économiques attendus.
Alors la baisse du coût du transport doit être vue comme un investissement dans la connectivité et dans la croissance. Elle peut avoir un effet important. Donc, l’objectif n’est donc pas de résoudre simplement une ligne de recette. Il s’agit de créer des conditions de marché plus profondes, plus accessibles. C’est précisément pour cela que la réflexion doit être plus globale. Il ne faut pas seulement mesurer ce que l’État perçoit sur un billet, mais aussi ce que l’économie gagne lorsqu’un billet devient accessible.

Il est important, dans ce sens, de clarifier deux points. Réduire le coût du transport aérien ne veut pas dire sous-financer les infrastructures, la sécurité ou la sûreté. La sécurité et la sûreté demeurent non négociables. La vraie question est celle de l’efficacité. Les redevances doivent être justifiées, transparentes, proportionnées et orientées vers le financement des services aéronautiques nécessaires. Elles ne doivent pas devenir un frein au développement du trafic ou un substitut excessif à d’autres formes de recettes publiques.

L’enjeu est donc de passer d’une logique de maximisation de la recette sur chaque billet à une logique de développement du volume de passagers et de captation de la valeur créée autour de l’activité aéroportuaire.

C’est cette évolution du modèle économique qui permettra de réduire, à notre avis, la pression sur le billet tout en préservant la capacité d’investissement du secteur >>.

Par cette intervention, le Togo trace la voie.

Pour Mme Afidenyigba, la solution n’est pas dans la confrontation entre finances publiques et pouvoir d’achat des passagers.

Elle est dans l’intelligence économique : moins de taxes sur chaque billet, plus de passagers, plus de vols, plus de retombées pour toute l’économie.

Une vision qui rejoint pleinement l’esprit du SAATM débattu à Lomé : un ciel africain moins cher, plus connecté, et surtout plus rentable pour tous.
