
La DGBF réunit 64 experts du 29 juin au 10 juillet pour auditer les budgets verts 2024-2025

Le Togo franchit un nouveau cap décisif dans la modernisation de la gestion de ses finances publiques et son engagement écologique. Face à l’urgence climatique, le Togo passe à l’étape de la redevabilité. La Direction Générale du Budget et des Finances (DGBF) a ouvert un atelier de dix jours, du 29 juin au 10 juillet 2026, pour élaborer les rapports d’exécution des budgets verts 2024 et 2025. De la programmation à l’exécution / le Togo veut la preuve par les chiffres.
Le Togo n’échappe pas aux bouleversements climatiques. Pour y répondre, l’État a intégré progressivement les enjeux environnementaux dans ses finances publiques via la « budgétisation verte« . Après une phase pilote avec 9 ministères en 2024 et 24 ministères en 2025, la démarche couvre désormais l’ensemble de l’administration centrale avec le budget 2026.

Mais programmer des crédits « verts » ne suffit pas. L’objectif général de cet atelier est de renforcer le reporting budgétaire en produisant des rapports qui évaluent de manière transparente et exhaustive si les dépenses publiques sont réellement alignées sur les engagements nationaux en matière d’environnement et de lutte contre les changements climatiques.
64 experts mobilisés par la Direction Générale du Budget et des Finances (DGBF) sur 4 chantiers.

Pendant 10 jours ouvrés, 64 participants, experts nationaux et points focaux des DAF et de la planification des ministères sectoriels, vont travailler sous la conduite de Mme KOUHOUE S. Akouvi Valérie, inspecteur centrale du trésor à la Direction Générale du Budget et des Finances (DGBF) et point focal national de la budgétisation verte au Togo, avec l’appui du Conseiller Résident du FMI auprès du Ministre des Finances.
Les travaux reposent sur 4 objectifs spécifiques :
1. Collecter et consolider les données budgétaires climat-environnement des exercices 2024 et 2025 ;

2. Analyser la conformité entre l’exécution des dépenses classées « vertes » et les prévisions budgétaires initiales ;
3. Développer un canevas harmonisé d’élaboration du rapport, conforme au Manuel de budgétisation sensible au climat et à l’environnement du Togo ;
4. Rédiger et finaliser les projets de rapports d’exécution pour 2024 et 2025.
La méthodologie s’appuie sur une approche participative : collecte de données, revue documentaire, exploitation des données d’exécution du budget de l’État, et benchmarking avec les pays pionniers du budget vert.

Toutefois, voter un « budget vert » ne suffit pas ; encore faut-il s’assurer que chaque franc CFA fléché vers le climat et l’environnement a été efficacement dépensé. « Pour que notre démarche soit crédible, transparente et efficace, nous devons désormais passer à l’étape essentielle de la redevabilité : évaluer ce qui a été réellement exécuté sur le terrain » a souligné M. SOVI Koku, le directeur des études et analyse budgétaire lors de son mot d’ouverture.
Un exercice de transparence financé sur budget de l’État.
À l’issue des travaux, les résultats ci-dessous sont attendus : données consolidées, analyse de conformité réalisée, canevas harmonisé validé, et projets de rapports rédigés.

Pour le Togo, l’enjeu est désormais de passer de l’engagement budgétaire à l’évaluation des budgets verts élaborés. Il s’agit de montrer comment chaque franc investi « vert » contribue à protéger l’environnement et à renforcer la résilience du pays face au changement climatique.
Avec cet atelier de 10 jours, le Togo franchit une étape décisive : celle de la reddition de comptes climatiques. En auditant l’exécution des budgets verts 2024 et 2025, le pays se dote d’outils concrets pour mesurer, corriger et mieux orienter ses investissements.

Au-delà du rapport, c’est une culture de transparence et d’efficacité qui se renforce. Une condition indispensable pour faire de la transition écologique un levier crédible de développement durable au Togo.
En devenant l’un des pionniers de la sous-région à évaluer l’exécution réelle de son budget vert, le Togo réaffirme sa volonté de conjuguer rigueur budgétaire et développement durable. Les conclusions de cet atelier, attendues à la mi-juillet, poseront les bases d’une gouvernance financière résolument tournée vers l’avenir.