
GRCRO 2025 / Lomé réunit 1000 experts africains pour bâtir une conformité à l’épreuve de l’IA

Depuis hier, la capitale togolaise accueille la 3e édition de la Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers – GRCRO. Pendant deux jours, près de 1000 experts et régulateurs venus de 46 pays planchent sur l’avenir de la conformité et de la lutte contre la criminalité financière en Afrique.
Une plateforme continentale pour anticiper les nouveaux risques
Organisée par l’Association Togolaise des Compliance Officers – ATCO en collaboration avec la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières du Togo – (CENTIF-TG), l’Africa Compliance Academy – ACA et la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées – HAPLUCIA, la GRCRO se veut un cadre de renforcement des capacités.

L’ambition 2025 / Prévenir les risques et anticiper les nouvelles formes de criminalité financière afin de préserver l’intégrité des économies africaines.
Au cœur des débats, un thème fort : “La fraude, la corruption et autres infractions sous-jacentes au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme à l’ère de l’intelligence artificielle ».

Durant 48h, les participants auront à examiner :
- L’apport de l’intelligence artificielle dans le processus de KYC et de DUE diligence,
- La détection proactive : Techniques et outils innovants
- La prise en compte des PEP et bénéficiaires effectifs dans l’évaluation des risques,
- La méthodologie de rédaction d’une procédure de contrôle interne,
L’harmonisation africaine : Vers une approche commune contre les flux financiers illicites pour renforcer la transparence et l’attractivité des économies
Il s’agit aussi de promouvoir le partage d’expériences et les meilleures pratiques entre professionnels de la conformité, magistrats et institutions financières.

2. « La criminalité économique et financière ne connaît plus de frontières »
A l’ouverture des travaux, le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, M. Badanam PATOKI, a relevé que la conformité et la gestion des risques ne constituent plus de simples exigences réglementaires. Elles sont devenues des leviers stratégiques de gouvernance responsable, de compétitivité économique et de souveraineté nationale. Il a rappelé que la criminalité économique et financière ne connaît plus de frontière et qu’aucun État ne peut relever seul les défis qu’elle pose. Seule une coopération régionale renforcée permettra de préserver l’intégrité des systèmes financiers.

Chiffres à l’appui : les estimations internationales situent les montants blanchis chaque année entre 2 et 5% du PIB mondial. L’Afrique, elle, continue de perdre d’importantes ressources à travers les flux financiers illicites, au détriment de son développement économique et social.

La réponse du Togo : C’est de poursuivre avec détermination la réforme visant à renforcer son dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. « Ces réformes traduisent notre engagement à améliorer la transparence, renforcer l’efficacité des institutions, consolider la coopération entre les acteurs nationaux et internationaux », a-t-il souligné.

Le ministre a salué le leadership du Président du Conseil, Faure Essozimna GNASSINGBÉ, dont l’ambition est de faire du Togo une économie moderne, compétitive et résiliente, offrant aux investisseurs un environnement des affaires fondé sur la sécurité juridique, la transparence, l’intégrité et la prévisibilité.

3. La culture de conformité, un héritage africain à moderniser
Le président de l’ATCO, Me Nikada Batchoudi, a rappelé que la conformité regroupe l’ensemble des mécanismes et procédures permettant aux institutions et aux États de respecter les lois, les normes et les principes éthiques. Objectif : se préserver des risques, lutter contre la fraude, la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, tout en renforçant la stabilité économique.
A son avis, la culture de la conformité n’est pas une notion nouvelle en Afrique, elle existait bien avant leur codification moderne.
Il a insisté sur le rôle déterminant des Compliance et Risk Officers, appelés à détecter les opérations suspectes, à les analyser avec rigueur et à les signaler aux services de renseignements financiers.

4. Distinction pour le Togo
En marge de l’ouverture, un Prix Panafricain de Lutte contre le Terrorisme et le Blanchiment d’Argent a été décerné au Président du Conseil Faure Essozimna GNASSINGBÉ pour son rôle à l’appui de cet évènement et ses efforts en faveur de la lutte contre ce fléau.
Cette distinction consacre aussi le fait que le Togo est désormais hors de la liste grise. Le prix a été réceptionné par le ministre PATOKI.

En résumé : A Lomé, l’Afrique se mobilise pour une conformité plus intelligente et plus solidaire face à une criminalité financière qui mute avec la technologie.